Si vous ou un proche prenez un médicament biologique, vous savez probablement à quel point il peut coûter cher. Un traitement annuel peut facilement dépasser 80 000 $, et ce n’est pas un chiffre rare. Mais depuis quelques années, une alternative plus abordable est arrivée : les biosimilaires. Ce ne sont pas des génériques classiques, mais ils font le même travail - et à un prix bien plus bas.
Qu’est-ce qu’un biosimilaire, exactement ?
Les médicaments biologiques sont des molécules complexes, fabriquées à partir de cellules vivantes - des protéines, des anticorps, des enzymes. C’est ce qui les rend si efficaces contre des maladies comme le cancer, la polyarthrite rhumatoïde ou la maladie de Crohn. Mais cette complexité rend aussi leur copie extrêmement difficile. Un générique classique, comme le paracétamol, est une molécule simple. On peut la reproduire à l’identique. Un biosimilaire, lui, est très similaire, mais pas identique. C’est comme faire une réplique d’une œuvre d’art à la main : les détails sont presque pareils, mais pas exactement les mêmes.
Les biosimilaires doivent prouver qu’ils agissent de la même manière que le médicament d’origine, avec la même sécurité et efficacité. L’Agence américaine des produits de santé (FDA) les approuve après des études rigoureuses. Depuis 2015, plus de 76 biosimilaires ont été approuvés aux États-Unis. Et pourtant, ils ne représentent encore que 15 à 20 % du marché des biologiques. Pourquoi ? Parce que le système est conçu pour protéger les prix élevés.
Combien coûtent vraiment les biologiques de marque ?
En 2025, un traitement de 30 jours d’un biologique de marque coûte en moyenne 2 104 $ aux États-Unis. Pour certains médicaments comme l’Humira (adalimumab), le prix annuel peut atteindre 80 000 $ par patient. C’est un coût qui pèse sur les assurances, les hôpitaux, et surtout, sur les patients. Même avec une couverture, les franchises et les co-paiements peuvent atteindre des milliers de dollars par an.
Et ce n’est pas une exception. Les biologiques ne représentent que 5 % des ordonnances, mais 51 % de la facture totale des médicaments. C’est une distorsion énorme. Pourquoi ? Parce que les fabricants maintiennent des prix élevés grâce à des stratégies légales - des brevets en cascade, des accords avec les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBMs), et des campagnes de marketing ciblées. Le résultat ? Des prix qui montent, même après des années sur le marché.
Combien économisez-vous avec un biosimilaire ?
Les chiffres sont clairs : les biosimilaires coûtent en moyenne 50 % moins cher que leurs équivalents de marque. En 2025, un traitement de 30 jours de biosimilaire coûte environ 919 $ - contre 2 104 $ pour le médicament d’origine. C’est une réduction de 56,3 %. Pour un patient traité toute l’année, cela signifie une économie de plus de 14 000 $.
Et ça ne s’arrête pas là. Quand un biosimilaire arrive sur le marché, le prix du médicament d’origine baisse aussi. En moyenne, les fabricants réduisent leurs prix de 25 à 33 % pour rester compétitifs. Avec l’Humira, après l’arrivée des biosimilaires en 2023, le prix a chuté de 80 % sur le marché. Sandoz, avec son Hyrimoz, a capté 14 % des ventes en seulement deux ans.
Les patients paient aussi moins en propre poche. Selon les données de CSRxP, les coûts à la charge du patient sont 23 % plus bas avec un biosimilaire. Pour une personne avec une maladie chronique, cela peut faire la différence entre pouvoir se soigner ou renoncer au traitement.
Combien d’argent a été économisé jusqu’à présent ?
Depuis 2015, les biosimilaires ont généré entre 36 et 56 milliards de dollars d’économies pour le système de santé américain. En 2024 seulement, ce sont 12 à 20 milliards de dollars qui ont été économisés. Ces chiffres varient selon les sources, mais le message est le même : les biosimilaires sauvent de l’argent - beaucoup d’argent.
Et ce n’est que le début. Les génériques classiques, qui représentent 90 % des ordonnances, ne coûtent que 13 % du budget médical total. Les biosimilaires pourraient faire la même chose pour les biologiques. Mais ils n’y arrivent pas encore, à cause de barrières artificielles.
Pourquoi les biosimilaires ne sont-ils pas plus utilisés ?
La science est là. Les preuves sont solides. Les prix sont bas. Alors pourquoi les médecins ne les prescrivent-ils pas plus souvent ?
La réponse est dans les incitations. Les gestionnaires de prestations pharmaceutiques (PBMs) reçoivent des rabais élevés des fabricants de biologiques de marque. Ces rabais leur permettent de garder les prix élevés, même si les biosimilaires sont moins chers. C’est ce qu’on appelle un « mur de rabais » - une barrière invisible qui protège les produits coûteux.
En plus, les entreprises de biopharmaceutique créent des « thicket de brevets » : des centaines de brevets mineurs sur des détails du médicament, pour repousser les biosimilaires à la cour. C’est un jeu de patience. Un biosimilaire peut mettre 5 à 10 ans à arriver sur le marché, alors que le développement coûte entre 100 et 250 millions de dollars.
Et puis il y a la méfiance. Certains médecins et patients pensent encore que les biosimilaires sont « moins bons ». Mais l’Agence fédérale américaine (FDA) affirme clairement : ils sont aussi sûrs et efficaces. Des études sur des dizaines de milliers de patients confirment cette égalité.
Quel avenir pour les biosimilaires ?
Les choses changent. En 2025, la FDA a publié de nouvelles directives pour simplifier les études de biosimilarité. Moins d’essais cliniques, moins de coûts, plus de rapidité. Le ministère de la Santé américaine a aussi lancé un plan d’action pour accélérer l’adoption des biosimilaires.
Les analystes d’Evaluate Pharma prévoient que d’ici 2030, les biosimilaires représenteront 35 à 40 % du marché des biologiques - contre 15 à 20 % aujourd’hui. Cela pourrait générer plus de 125 milliards de dollars d’économies chaque année.
Le vrai défi, c’est de faire en sorte que ces économies arrivent jusqu’aux patients. Pas seulement aux assureurs. Pas seulement aux hôpitaux. À ceux qui prennent le médicament tous les jours.
Que faire maintenant ?
Si vous ou un proche prenez un biologique de marque, posez la question à votre médecin : « Existe-t-il un biosimilaire pour mon traitement ? »
Ne laissez pas les habitudes ou les réticences vous empêcher de demander. Votre traitement peut être aussi efficace - et bien moins cher.
Et si vous êtes dans un système d’assurance, demandez à votre gestionnaire : « Pourquoi ne pas privilégier les biosimilaires dans notre liste de médicaments couverts ? »
Les économies existent. Les alternatives sont là. Ce qui manque, c’est la volonté de les utiliser pleinement.
Les biosimilaires sont-ils aussi sûrs que les biologiques de marque ?
Oui. Les biosimilaires doivent prouver, par des études cliniques rigoureuses, qu’ils ont la même efficacité, la même sécurité et le même profil d’effets secondaires que le médicament d’origine. L’Agence américaine des produits de santé (FDA) les approuve seulement après avoir vérifié ces critères. Des études portant sur des dizaines de milliers de patients confirment que les résultats sont identiques.
Pourquoi les biosimilaires coûtent-ils moins cher ?
Parce qu’ils n’ont pas à refaire tous les coûts de recherche et développement initiaux. Le médicament de référence a déjà été testé, approuvé et mis sur le marché. Le biosimilaire se concentre sur prouver qu’il est très similaire - ce qui prend moins de temps et moins d’argent. C’est pourquoi leur prix de lancement est souvent 40 à 80 % plus bas.
Tous les biologiques ont-ils un biosimilaire disponible ?
Non. Sur les environ 600 biologiques actuellement sur le marché, seulement 76 ont un biosimilaire approuvé. Beaucoup n’ont pas encore de concurrent parce que les brevets sont encore en vigueur ou parce que les entreprises n’ont pas encore lancé de projet de développement. Mais plus de 10 % des biologiques qui vont perdre leur brevet dans les 10 prochaines années n’ont même pas encore de biosimilaire en cours de développement.
Les biosimilaires sont-ils disponibles au Canada ?
Oui. Le Canada a approuvé plusieurs biosimilaires, notamment pour l’Humira, l’Enbrel et le Remicade. Leur disponibilité varie selon les provinces et les programmes d’assurance. Dans certaines régions, les biosimilaires sont déjà la première option prescrite. Dans d’autres, les médecins doivent encore faire un effort pour les proposer.
Les biosimilaires peuvent-ils être remplacés automatiquement par une pharmacie ?
Pas toujours. Aux États-Unis, la substitution automatique (remplacement sans demande du médecin) est autorisée dans certains États, mais seulement si le biosimilaire est déclaré « interchangeable » par la FDA. Très peu de biosimilaires ont ce statut à ce jour. Au Canada, la substitution dépend des règles provinciales. Dans la plupart des cas, le médecin doit prescrire explicitement le biosimilaire.
12 Commentaires
Les biosimilaires ? C’est juste un piège de Big Pharma pour vendre des copies de merde à prix réduit. La FDA est corrompue, et les études ? Faites avec des cellules de souris en 2012. Vous croyez vraiment que c’est pareil ?
/p>Les biosimilaires sont une avancée majeure, surtout pour les patients chroniques. Je travaille dans un hôpital, et j’ai vu des gens qui arrêtaient leurs traitements parce qu’ils ne pouvaient pas payer. Avec un biosimilaire, ils reprennent leur vie. La science est solide, les données aussi. Arrêtez de croire aux théories du complot.
/p>14 000 $ d’économie par an ??? 😱💸 Je vais demander à mon médecin de me prescrire un biosimilaire pour mon café du matin aussi ! En vrai, c’est une révolution, et les PBMs sont des voleurs. 🤬 #BiosimilairesPourTous
/p>Vous parlez d’économies aux États-Unis, mais ici en Europe, on a déjà des prix contrôlés. Ce que vous décrivez, c’est le désastre américain, pas un modèle à suivre. Les Français ne sont pas des cobayes pour les multinationales. On a un système de santé qui marche, pas un marché de la santé.
/p>Si vous prenez un biologique, demandez un biosimilaire. Point. C’est pas une question de confiance, c’est une question de bon sens. Votre vie vaut plus que les profits d’une boîte. Et si votre médecin hésite, demandez-lui pourquoi. Il a peut-être peur de perdre un rabais. 💪
/p>Vous écrivez « biosimilaire » avec un « i » et pas un « y » ? C’est une erreur fondamentale. La terminologie médicale française est précise. On dit « biosimilaire », pas « biosimilaire » comme dans les articles anglo-saxons. Et vous osez parler d’économies sans citer les normes AFSSAPS ?
/p>Je me demande si la question n’est pas plus profonde : pourquoi acceptons-nous que la vie d’un malade soit conditionnée par la rentabilité d’une entreprise ? Les biosimilaires ne sont qu’un symptôme. Le mal, c’est la marchandisation de la santé.
/p>La FDA approuve tout. Même les médicaments qui tuent. Et les études ? Faites par les mêmes labos qui vendent le médicament d’origine. C’est du pipi de chat. Et vous, vous les croyez ?
/p>Ohhhhh les pauvres patients qui croient que leur vie est sauve parce qu’un médicament coûte 50 % moins cher… Et si je vous disais que le biosimilaire, c’est juste le même produit avec un nom différent et un packaging bleu ? 😔 Vous êtes tous des dupes. Le vrai coupable ? Le système. Pas les labos. Pas les médecins. Le SYSTÈME.
/p>Je viens du Québec, et ici on a des biosimilaires depuis 2018. Mon cousin a changé de traitement, il va mieux. Pas de différence. Pas de drame. Juste un peu moins de stress financier. Le vrai miracle, c’est qu’on en parle enfin.
/p>Les biosimilaires ne sont pas la solution, mais un pas. Le vrai problème, c’est que les gens n’ont pas accès à l’information. Beaucoup croient encore qu’un biosimilaire, c’est un générique. Il faut éduquer, pas juste critiquer. Et les médecins doivent être formés, pas seulement payés pour prescrire ce qui rapporte.
/p>Je prends Humira depuis 10 ans et j’ai changé pour le biosimilaire il y a 2 ans. J’ai eu des réactions cutanées au début. J’ai cru que c’était la fin. Mais non. J’ai parlé à mon infirmière, on a ajusté la dose, et maintenant je vais super bien. Le système est pourri, mais ça marche quand même. Faut pas tout jeter.
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