Vous êtes en vacances à Bangkok, et soudain, votre anxiété revient. Vous avez laissé votre Xanax à la maison. Ou peut-être que vous êtes à Dubaï, et la pharmacie vous refuse votre traitement contre la douleur parce que le nom sur l’ordonnance ne correspond pas à votre passeport. Ces situations ne sont pas rares. Chaque année, des dizaines de milliers de voyageurs se retrouvent bloqués à l’étranger parce qu’ils ne savent pas comment obtenir leurs médicaments hors de chez eux. Ce n’est pas une question de chance - c’est une question de préparation. Et ce n’est pas seulement pour les médicaments contrôlés. Même un simple antibiotique ou un traitement contre l’hypertension peut devenir un casse-tête si vous ne savez pas où regarder.
Les médicaments ne sont pas les mêmes partout
Ce que vous prenez à Montréal peut être interdit à Tokyo, illégal à Singapour, ou vendu sans ordonnance au Mexique. Il n’y a pas de règles mondiales. Le contrôle des médicaments varie d’un pays à l’autre, et souvent, ces différences sont drastiques. Par exemple, le codeine est disponible en vente libre au Mexique, mais en Australie, vous avez besoin d’une autorisation spéciale. L’hydrocodone, un analgésique courant aux États-Unis, est complètement interdit au Japon. Même les médicaments que vous considérez comme inoffensifs, comme la pseudoéphédrine (présente dans de nombreux décongestionnants), sont interdits en Australie, en Nouvelle-Zélande et aux Émirats arabes unis parce qu’ils peuvent être utilisés pour fabriquer de la méthamphétamine.En 2025, 68 pays ont publié des règles claires pour les voyageurs transportant des médicaments contrôlés. Les 124 autres n’ont rien publié. Cela signifie que si vous voyagez vers un pays non listé, vous êtes dans un territoire inconnu. La seule façon de ne pas être surpris est de vérifier avant de partir. Ne comptez pas sur les conseils de voyageurs sur Reddit ou les forums de TripAdvisor. Ces sources sont utiles, mais elles ne remplacent pas les informations officielles.
Comment vérifier les règles de votre destination
Commencez par consulter le site de l’ambassade ou du consulat du pays où vous allez. La plupart des ambassades ont une section dédiée aux voyageurs avec des conseils médicaux. Cherchez des mots-clés comme « médicaments », « ordonnances », ou « substances contrôlées ». Si vous ne trouvez rien, envoyez un e-mail directement à l’ambassade. Posez la question exacte : « Puis-je entrer dans votre pays avec [nom du médicament] en quantité de [nombre de comprimés] pour un usage personnel ? »Ensuite, consultez la base de données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur les réglementations nationales pour les voyageurs. Elle est mise à jour chaque trimestre et inclut les règles pour 68 pays. Si votre destination n’y figure pas, vous pouvez aussi consulter la base de données de l’Organisation internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), qui recense les substances classées comme contrôlées dans chaque pays. Ne confondez pas les noms de marque avec les noms génériques. Si votre ordonnance dit « Zoloft », le pays peut le connaître sous le nom de « sertraline ». Écrivez les deux.
Les documents obligatoires pour voyager avec des médicaments
Si vous transportez un médicament contrôlé - c’est-à-dire un analgésique opioïde, un sédatif, un stimulant comme ceux utilisés pour le TDAH, ou un anxiolytique - vous avez besoin de trois choses : une ordonnance originale, une lettre du médecin, et des étiquettes d’origine.L’ordonnance doit être en anglais ou dans la langue du pays de destination. Si ce n’est pas le cas, vous aurez besoin d’une traduction notariée. Dans 62 % des pays non anglophones, cette étape est obligatoire. La lettre du médecin doit être sur papier à en-tête, signée et datée. Elle doit mentionner : votre nom complet (exactement comme sur votre passeport), le nom générique du médicament, la dose, la fréquence, la durée du traitement, et le code ICD-11 de votre condition (par exemple, F41.1 pour l’anxiété généralisée). Plus de 83 % des pays de l’Espace Schengen exigent ce document. Sans lui, vous risquez de voir vos médicaments confisqués.
Les comprimés doivent rester dans leur emballage d’origine avec l’étiquette de la pharmacie. Ce n’est pas une suggestion - c’est une règle de sécurité. Les agents de douane ne peuvent pas vérifier la légitimité d’un médicament s’il est dans une boîte en plastique ou un flacon sans étiquette. Même si vous avez une ordonnance et une lettre, si les comprimés ne sont pas dans leur emballage d’origine, ils peuvent être considérés comme illégaux.
Combien pouvez-vous transporter ?
La plupart des pays acceptent une quantité correspondant à trois mois d’utilisation personnelle. C’est ce qu’on appelle la « règle des 90 jours ». Mais ce n’est pas universel. Le Japon limite les opioïdes à 30 jours. Singapour, à 14 jours. Les Émirats arabes unis exigent une autorisation préalable pour presque tous les sédatifs, y compris le zolpidem (Ambien). Même si vous avez une ordonnance, si vous dépassez la limite, vous pouvez être arrêté.Si vous partez pour plus de trois mois, ou si vous vous installez temporairement à l’étranger, vous devrez peut-être obtenir une ordonnance locale. C’est possible dans de nombreux pays, mais cela prend du temps. En Europe, le système est fluide : une ordonnance émise dans un pays membre de l’Union européenne peut être remplie dans un autre. En 2024, 98,7 % des ordonnances européennes ont été honorées à l’étranger. Mais en Asie du Sud-Est, c’est un autre monde. En Thaïlande, vous pouvez obtenir des médicaments avec une ordonnance étrangère. En Malaisie, les benzodiazépines comme le diazépam sont interdites - même avec une ordonnance.
Comment obtenir une ordonnance locale à l’étranger
Si vous êtes en voyage longue durée ou si vous avez perdu vos médicaments, vous pouvez consulter un médecin local. Mais attention : tout médecin n’est pas habilité à prescrire les mêmes médicaments que chez vous. Par exemple, aux États-Unis, les stimulants comme le Adderall sont courants pour le TDAH. Mais dans la plupart des pays européens, ces traitements sont très restrictifs. Vous devrez peut-être vous tourner vers un traitement alternatif.Commencez par contacter un centre de santé pour voyageurs. L’Association internationale pour l’aide médicale aux voyageurs (IAMAT) a un réseau de 1 400 cliniques vérifiées dans le monde. Elles connaissent les règles locales et peuvent vous orienter vers des médecins qui comprennent les besoins des expatriés. En cas d’urgence, les hôpitaux internationaux dans les grandes villes (comme Bangkok, Dubaï ou Paris) ont souvent des services de pharmacie pour expatriés. Ne cherchez pas dans les pharmacies locales ordinaires - elles peuvent refuser de vous vendre ce que vous cherchez, même si c’est légal.
Les erreurs à éviter à tout prix
Voici les trois erreurs les plus fréquentes :- Ne pas vérifier les règles avant de partir
- Transporter des médicaments dans des emballages non originaux
- Ne pas avoir de lettre du médecin avec le code ICD-11
En 2025, 78 % des cas de confiscation de médicaments à l’aéroport étaient dus à un nom d’ordonnance qui ne correspondait pas au passeport. Un autre 22 % étaient dus à l’absence de documentation médicale. Les voyageurs qui ont suivi ces règles ont un taux de réussite de 94 %. Ce n’est pas une question de chance - c’est une question de rigueur.
Les pays les plus difficiles et les plus faciles
Les pays où il est le plus difficile d’obtenir des médicaments :- Le Japon : interdit presque tous les opioïdes et sédatifs sans autorisation spéciale
- Singapour : limite à 14 jours pour tout médicament contrôlé
- Émirats arabes unis : nécessite une autorisation préalable pour le zolpidem, la mélatonine, et même certains antidouleurs
- Malaisie : interdit les benzodiazépines, même avec ordonnance
Les pays les plus faciles :
- Union européenne : ordonnances transférables entre pays membres
- Canada : autorise l’importation de 90 jours de médicaments depuis les États-Unis, le Royaume-Uni, l’UE et la Suisse (nouvelle loi de 2025)
- Thaïlande : accepte les ordonnances étrangères pour la plupart des médicaments
- Mexique : vente libre de nombreux médicaments, y compris les antibiotiques et les anxiolytiques
Si vous voyagez dans un pays difficile, préparez-vous à l’avance. Envoyez vos documents par e-mail à l’ambassade au moins six semaines avant votre départ. Demandez une réponse écrite. Gardez-la avec vous. Cela peut vous éviter des heures d’attente, des frais de douane, ou pire.
Que faire si vos médicaments sont confisqués ?
Si cela vous arrive, restez calme. Ne vous battez pas. Ne mentez pas. Demandez à parler à un responsable. Montrez votre ordonnance, votre lettre du médecin, et votre passeport. Si vous avez une traduction notariée, présentez-la. Si vous n’avez rien, demandez à contacter votre ambassade. Elles ont des protocoles pour aider les citoyens dans ces situations. En 2024, plus de 1 200 voyageurs ont été bloqués aux Émirats arabes unis à cause du zolpidem. Tous n’ont pas été arrêtés - certains ont pu obtenir une autorisation temporaire en 48 heures.Ne comptez pas sur les assurances voyage. La plupart ne couvrent pas la perte de médicaments contrôlés. Elles couvrent les frais médicaux, pas les médicaments perdus ou confisqués. C’est pourquoi il est essentiel d’avoir une réserve de sécurité. Si vous prenez un traitement chronique, apportez 15 jours de médicaments en plus de ce dont vous avez besoin. Stockez-les dans votre valise de cabine. Ne les mettez jamais dans vos bagages enregistrés.
Les solutions émergentes
En 2026, l’OMS va lancer un modèle standardisé de documentation pour les médicaments contrôlés. Cela devrait simplifier les choses pour les voyageurs. En attendant, des services comme MediFind et MyTravelMed aident les voyageurs à trouver des pharmacies locales et à obtenir des ordonnances à l’étranger. MediFind réussit dans 85 % des cas pour les médicaments non contrôlés, mais seulement 62 % pour les substances contrôlées. Ce n’est pas parfait, mais c’est mieux que de se fier au hasard.Les téléconsultations médicales transfrontalières sont en pleine croissance. En 2025, 41 pays permettent aux médecins locaux de prescrire des médicaments à des touristes via des applications sécurisées. Si vous êtes en Europe, vous pouvez parfois obtenir une ordonnance électronique en 2 heures. En Asie, c’est plus rare. Mais c’est une tendance qui va s’accélérer.
Conclusion : préparez-vous comme un pro
Voyager avec des médicaments n’est pas une question de chance. C’est une question de préparation. Si vous avez un traitement chronique, commencez 8 à 12 semaines avant votre départ. Vérifiez les règles du pays. Obtenez votre lettre du médecin. Gardez vos médicaments dans leurs emballages d’origine. Apportez une copie de votre ordonnance et une traduction si nécessaire. Et surtout, ne prenez pas de risques avec les substances contrôlées. Ce n’est pas seulement une question de santé - c’est une question de sécurité juridique.La prochaine fois que vous partez en voyage, ne laissez pas vos médicaments au hasard. Préparez-les comme vous préparez votre passeport. Parce que sans eux, votre voyage peut s’arrêter net.
Puis-je transporter mes médicaments dans une boîte en plastique si je les ai dans mon sac à main ?
Non. Tous les médicaments, surtout les contrôlés, doivent être dans leur emballage d’origine avec l’étiquette de la pharmacie. Les agents de douane ne peuvent pas vérifier la légitimité d’un médicament s’il n’a pas d’étiquette. Même si vous avez une ordonnance, un emballage non original peut entraîner une confiscation. Gardez les comprimés dans leur flacon d’origine, même dans votre bagage à main.
Quels médicaments sont les plus souvent confisqués à l’étranger ?
Les médicaments les plus fréquemment confisqués sont les benzodiazépines (comme le Xanax ou le Valium), les opioïdes (comme le codeine ou l’hydrocodone), les stimulants pour le TDAH (comme l’Adderall), et les décongestionnants contenant de la pseudoéphédrine. Ces substances sont souvent interdites ou strictement contrôlées dans les pays d’Asie du Sud-Est, du Moyen-Orient et d’Australie. En 2025, 43 % des incidents liés aux médicaments en voyage impliquaient des benzodiazépines.
Est-ce que je peux acheter des médicaments en ligne à l’étranger ?
Non, sauf si la pharmacie est certifiée par l’OMS ou par l’autorité sanitaire du pays où vous êtes. Beaucoup de sites en ligne vendent des médicaments contrefaits ou illégaux. Même si vous avez une ordonnance, acheter en ligne à l’étranger peut vous exposer à des risques juridiques et sanitaires. Utilisez uniquement les pharmacies locales vérifiées, comme celles du réseau IAMAT. Elles connaissent les règles et peuvent vous fournir des médicaments légaux.
Et si je suis en voyage et que je perds mes médicaments ?
Contactez immédiatement votre ambassade ou consulat. Ils peuvent vous orienter vers des cliniques locales ou des pharmacies qui reconnaissent les ordonnances étrangères. Si vous avez un traitement chronique, vous pouvez aussi consulter une clinique de santé pour voyageurs du réseau IAMAT. Dans certains pays, comme la Thaïlande ou le Mexique, il est possible d’obtenir une ordonnance locale en une journée. Ne prenez jamais de médicaments sans ordonnance - même si vous les avez déjà pris chez vous.
Les compagnies aériennes ont-elles des règles spécifiques pour les médicaments ?
Oui. La TSA (États-Unis) et les autorités aériennes internationales exigent que les médicaments liquides dépassant 100 ml soient déclarés à la sécurité. Vous pouvez transporter des quantités raisonnables de médicaments liquides (comme des injections ou des sirops) même s’ils dépassent cette limite, à condition qu’ils soient dans leur emballage d’origine et accompagnés d’une ordonnance ou d’une lettre du médecin. Ne les mettez jamais dans vos bagages enregistrés. Gardez-les dans votre bagage à main.